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Référence : MI1976-01

Ces souterrains... refuges pour les vivants ou pour les esprits

Auteur(s) : Maurice Broëns - Picard - 1976

Etude sur le sujet; 153 pages; 20 figures, planches, bibliographie importante; 24 cm. - broché. -
commentaire de Jacques Clemens :
"M. Broèns propose une « optique nouvelle qui réhabilite en particulier l'œuvre de P. Karner, publiée entre 1875 et 1905, et une critique, comme le montre le titre de son ouvrage, d'A. Blanchet qui avait publié Les Souterrains refuges de la France. Contribution à l'heure de l'habitation humaine en 1923 ». Les historiens ne sont-ils pas victimes inconscientes de l'idée qu'ils se font de monuments souterrains qui leur sont « viscéralement » étrangers et qu'ils essaient de normaliser en forteresses ou églises ?

M. Broëns est donc un « franc-tireur de l'archéologie ou de l'histoire ». Son œuvre est naturellement passionnée, convaincue mais pas toujours convaincante pour les tenants des méthodes classiques du combat historique ou archéologique. La technique de l'amalgame est systématiquement appliquée. Sont ainsi associés des éléments fort différents sur le plan de la chronologie, de la géographie, de la nature des sources et des mécanismes de la démonstration. Parfois l'ouvrage peut apparaître comme une véritable entreprise de conditionnement psychologique. L'auteur lui-même note à la fin de son ouvrage : « Alors même que la relation postulée n'est pas évidente, [les textes indiqués en annexe] tissent autour du lecteur une ambiance mentale et morale hors de laquelle les faits archéologiques décrits dans ces pages perdraient toute cohérence. » II s'agit donc non seulement d'archéologie anhistorique mais aussi d'une histoire anhistorique.

L'ouvrage est avant tout une « archéologie des mentalités ». En effet au siècle dernier, « devant toute grotte artificielle que l'on découvrait, on s'est enfermé dans ce dilemme : ou demeure des vivants ou dépo- sitoire de leur dépouille mortelle ». La thèse défendue par M. Broèns est l'interprétation chtonienne ou plutôt « luciférienne ». Il s'agirait d'un syncrétisme pagano-chrétien tacitement toléré durant mille ans, en particulier dans le ressort apostolique de Rome. Ainsi, l'auteur propose une vision manichéenne de l'histoire et de l'archéologie de l'humanité. L'histoire de l'Occident serait un peu à l'image de la belle hérétique d'Autriche, Gista, à qui ses juges demandèrent, alors qu'on la conduisait au bûcher, si elle était encore vierge : « Oui, à l'air libre je le suis ; mais sous terre, plus du tout. »

Cette continuité depuis la Préhistoire — il y a cependant solution de continuité durant le Haut Moyen Age — et la généralisation de ce « culte à rebours qu'est le luciférianisme » nous paraît d'autant plus extraordinaire que des historiens ont récemment montré que non seulement le climat mais aussi l'idée de la mort avaient connu des transformations historiques importantes. Un avantage de cette thèse consiste au rejet justifié de l'interprétation religieuse « albigeoise » ou cathare si répandue.

Certes, le lecteur est intrigué par la description de ces énigmatiques monuments souterrains, opus fossile ; hypogées, excavations de plan différent dont l'élément essentiel est une cellule rectangulaire, « goulot, galeries annulaires, loges au bout d'un couloir en chicane, etc. ». Ces descriptions sont accompagnées de précieuses indications bibliographiques et de remarquables illustrations. Le dossier archéologique est fort complet. Il semblerait que seule une archéologie du sol souterrain pourrait dans certains cas livrer des éléments de datation et d'interprétation. Cet ouvrage a le grand mérite d'attirer l'attention sur la nécessité d'une exploration scientifique et d'une politique de sauvegarde de notre patrimoine souterrain."
. Genre : livre neuf

Prix : 20.00 €

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